Rencontre avec Michel Heinrich, député-maire d’Épinal

Ville d’Histoire, au riche patrimoine, capitale des Vosges, en Région Grand-Est, ville ambitieuse et énergique, mondialement connue pour sa tradition imagière, Épinal compte en intra-muros plus de 32.000 habitants. Nous sommes heureux et fiers d’accueillir Épinal comme nouveau membre du Forum. À cette occasion nous avons été à la rencontre du premier édile de la ville, Michel Heinrich. Député de la 1ère Circonscription des Vosges, maire depuis 1997, Michel Heinrich est avant tout un homme de terrain et  de dialogue, qui vit passionnément sa ville pour laquelle il n’a de cesse de vouloir développer le « Bien Vivre Ensemble » à travers la cohésion sociale, l’économie, la culture et l’urbanisme.

Monsieur le maire, vous répétez à l’envie : « Épinal passionnément », d’où vous vient cet attachement à votre ville ?

« Épinal passionnément » était en effet le nom de la liste que j’avais constitué aux dernières municipales et à laquelle les Spinaliens ont accordé leur confiance, pour la 3ème fois. Épinal est d’abord une ville accueillante, à taille humaine, où il fait bon vivre, avec une identité très forte, construite en particulier autour de sa tradition imagière, connue dans le monde entier, et de son patrimoine. Je suis très attaché à la convivialité des Spinaliens lors des fêtes traditionnelles de la Saint-Nicolas, le saint patron de la Lorraine, ou lors des grands événements culturels tels que Les Imaginales, le festival des mondes imaginaires. Mon attachement pour Épinal vient aussi de son environnement verdoyant avec plus de 50% du territoire communal couvert de forêts. C’est un cadre exceptionnel pour la pratique des sports en pleine nature, aux portes de la ville.

Soucieux de la cohésion sociale, vous avez initié la transformation urbaine des quartiers et du centre-ville, une véritable « révolution ». Toutefois, vous dites qu’il reste encore « beaucoup à faire ».

À Épinal, nous avons toujours placé la cohésion sociale et le « Bien Vivre Ensemble » au cœur de nos priorités. Nous avons réalisé, de 2005 à 2015, un ambitieux projet de renouvellement urbain d’un montant total de 123 millions d’euros qui a transformé deux de nos quartiers en améliorant la mixité sociale et la condition de vie des habitants. Cette opération a été réalisée conjointement avec la population de ces quartiers et l’ensemble des partenaires. Malgré ces transformations importantes et une charte d’insertion qui a très bien fonctionné, nous rencontrons toujours la problématique du retour à l’emploi sur laquelle nous travaillons activement avec la création de la Maison de l’entreprenariat, la mise en place d’un Fab Lab et l’implantation d’une agence d’intérim. Avec sa charte d’insertion, le chantier de l’hôpital, d’un montant de 135 millions d’euros, offrira également une opportunité supplémentaire pour les habitants. Nous sommes fiers du résultat mais c’est vrai qu’il reste encore beaucoup à faire car les projets d’urbanisme se construisent sur le long terme, et comme toutes les collectivités, nous sommes confrontés au désengagement de l’État. Enfin, actuellement, en matière d’urbanisme, nos efforts se portent sur le cœur de ville historique autour de la basilique afin de renforcer le potentiel touristique et commercial.

Tout en voulant moderniser la ville, votre souci est de ne pas augmenter la fiscalité tout en diminuant l’endettement. Est-ce à dire qu’avec la baisse des dotations d’État, il vous faut renforcer plus encore le partenariat avec le privé ?

Notre objectif est d’offrir le meilleur service public possible au meilleur coût aux habitants. A Épinal, depuis 24 ans, les taux d’imposition de la taxe d’habitation et des taxes foncières sont inchangés. L’agrandissement du périmètre de notre Communauté d’agglomération en janvier 2017, qui passe désormais à 76 communes et 116.000 habitants, n’a pas modifié la donne, conformément aux engagements que nous avions pris avec l’ensemble des maires concernés dans le cadre d’un « pacte de neutralité fiscale et financière ». Ce choix de la stabilité se fait au prix d’efforts conséquents de recherches d’économies budgétaires sur nos principales charges de fonctionnement. Du fait de la baisse conséquente des dotations de l’État, nos marges de manœuvres sont de plus en plus restreintes et ralentissent nos capacités d’investissement estimées à 18 millions d’euros de moins sur le mandat pour la Ville et 10 millions d’euros de moins sur le mandat pour la Communauté d’ Agglomération.

Nouveau membre du Forum pour la Gestion des Villes et des Collectivités Territoriales, qu’est-ce qui vous a amené à rejoindre le Forum et qu’en attendez-vous ?

Nous nous plaçons dans une démarche d’échanges d’expérience et de bonnes pratiques avec d’autres collectivités sur des problématiques similaires aux nôtres. Il nous paraissait important de nous confronter à d’autres approches de gestion locale. Nous sommes intéressés par les multiples initiatives qui émergent des collectivités. Nous sommes aussi prêts à partager notre expérience, notamment dans les domaines où Épinal est précurseur : aménagement du temps de l’enfant et des rythmes scolaires, démocratie participative, par exemple. Pour nous, le Forum pour la Gestion des Villes et des Collectivités Territoriales représente donc un espace de dialogue et de formation pour gagner encore en efficience et apporter un service toujours meilleur aux Spinaliens.

Droits images : Ville d’Épinal

 

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